
APRNEWS: Air Côte d’Ivoire prêt à changer la donne Air France et Corsair sur les trajets Abidjan-Paris
Air Côte d’Ivoire veut rebattre les cartes des vols Abidjan-Paris face à Air France et Corsair. Air Côte d’Ivoire marque un tournant stratégique avec la réception de son tout premier long-courrier Airbus A330neo et le lancement d’une ligne directe Abidjan–Paris assurée à raison d’un vol quotidien. L’appareil, un A330Neo immatriculé TU-TRG, est le premier des deux long-courriers commandés à Airbus. Configuré pour 242 passagers répartis en quatre classes distinctes (Première, Affaires, Premium Économie et Économie), il place la compagnie nationale ivoirienne parmi les rares compagnies aériennes africaines à offrir une Première classe sur long-courrier, gage d’un confort assuré pour les voyageurs d’affaires et VIP. Ce premier A330Neo sera dédié à la nouvelle desserte entre Abidjan et Paris.
Le 15 octobre 2025, Air Côte d’Ivoire a inauguré son premier vol commercial direct entre Abidjan et Paris, marquant une étape importante dans sa stratégie de conquête du marché long-courrier dominé depuis des décennies par les compagnies françaises Air France et Corsair. Cette initiative, soutenue massivement par l’État ivoirien actionnaire majoritaire à hauteur de 58%, prend une portée politique forte à la veille d’un scrutin présidentiel crucial pour le pays.
Avec deux Airbus A330-900 Neo modernes (dont un à venir dans les prochains mois), la compagnie nationale ambitionne d’offrir une alternative compétitive, notamment via des vols quotidiens programmés pour atteindre 14 rotations hebdomadaires. L’État a déployé un important soutien financier et réglementaire : allégement des taxes sur le carburant, facilitation des procédures douanières et un capital porté à près de 580 millions d’euros depuis 2020 dans le cadre d’un plan de compétitivité du transport aérien.
Un marché sous forte tension
Air France et Corsair, avec leurs 21 à 28 vols hebdomadaires en saison haute, contrôlent traditionnellement ce corridor aérien vital. La volonté d’Air Côte d’Ivoire de trouver sa place a engendré une crise de la concurrence, marquée par des refus d’autorisation de vols réciproques entre la Côte d’Ivoire et la France, et un blocage réglementaire qui a suspendu temporairement les opérations des compagnies françaises à Abidjan.
Le ministère ivoirien des Transports, via son ministre Amadou Koné, revendique une interprétation de l’accord bilatéral « ciel ouvert » signé en 2016, arguant que chaque état doit garantir un accès équitable et équilibré aux compagnies respectives, traduisant cela par un partage à parts égales des créneaux et trafic entre la France et la Côte d’Ivoire. Cette approche, si elle est respectée, pourrait modifier durablement la donne économique de la ligne.
Des négociations délicates
Quatre tentatives de médiation ont échoué à ce jour, mais des discussions diplomatiques sont en cours pour trouver un compromis avant la date limite du 25 octobre, date à laquelle les programmes saisonniers doivent être validés pour l’hiver. La situation reste tendue mais, selon des sources ministérielles, un règlement apaisé pourrait être trouvé à huis clos pour éviter une escalade aux dépens des passagers et du développement économique.
Solutions pour la modernisation et la compétitivité d’Air Côte d’Ivoire
Pour garantir la pérennité de sa stratégie, Air Côte d’Ivoire devrait compléter ses moyens et adopter les mesures suivantes :
Renforcement de la flotte
Accélérer la livraison d’appareils modernes comme les Airbus A330neo pour augmenter la capacité et améliorer l’efficience énergétique.
Amélioration de l’expérience client
Investir dans le confort à bord, la digitalisation des services (check-in, info vol, fidélisation) et proposer des tarifs compétitifs adaptés aux différentes catégories de voyageurs.
Partenariats internationaux
Développer des accords de partage de code avec d’autres compagnies africaines et internationales pour étendre son réseau et attirer plus de trafic via Abidjan.
Optimisation opérationnelle
Moderniser la gestion logistique aéroportuaire avec le soutien de l’État pour réduire les délais, coûts et améliorer la qualité du service.
Formation et expertise
Renforcer les compétences du personnel par des formations continues pour assurer un haut niveau de sécurité et de service.
Cette approche permettra non seulement de mieux concurrencer Air France et Corsair, mais aussi de positionner Air Côte d’Ivoire comme un acteur majeur du transport aérien africain, moteur de développement économique régional.
