
APRNEWS: Abuja présente ses excuses au Burkina Faso
La visite, mercredi 17 décembre 2025, du ministre nigérian des Affaires étrangères, Yusuf Maitama Tuggar, auprès du Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, marque une séquence diplomatique importante dans les relations entre le Burkina Faso et la République fédérale du Nigeria.
Au cœur des échanges : un incident de violation de l’espace aérien burkinabè par un aéronef nigérian, les tensions suscitées par certaines déclarations politiques au Nigeria, ainsi que la coopération régionale face à la menace terroriste.
Dépêché spécialement par le Président nigérian, Ahmed Bola Tinubu, le chef de la diplomatie nigériane était porteur d’un message de « solidarité et de fraternité », dans un contexte sous-régional marqué par des défis sécuritaires majeurs et une sensibilité accrue autour des questions de souveraineté nationale.
Diplomatie active : Abuja réaffirme sa solidarité avec Ouagadougou
Le Nigeria et le Burkina Faso affichent une nouvelle fois leur volonté commune de privilégier le dialogue et la coopération fraternelle. En visite officielle à Ouagadougou, le ministre nigérian des Affaires étrangères, Yusuf Maitama Tuggar, a porté un message d’apaisement et de solidarité, dans un contexte marqué par un incident aérien sensible et des propos politiques controversés.
Un incident aérien aux répercussions diplomatiques
L’objet principal de la mission du chef de la diplomatie nigériane était de clarifier les circonstances liées à l’entrée irrégulière d’un aéronef militaire nigérian dans l’espace aérien burkinabè. L’appareil, contraint d’atterrir d’urgence sur le territoire du Burkina Faso à la suite d’un incident technique, avait suscité des inquiétudes dans un climat régional déjà tendu.
Face à cette situation, Yusuf Maitama Tuggar a reconnu des « irrégularités dans la procédure de l’autorisation » et a présenté officiellement les excuses du gouvernement nigérian aux autorités de Ouagadougou. Ce geste, qualifié de « démarche responsable », a été perçu comme la volonté d’Abuja d’éviter toute escalade diplomatique et de préserver la confiance mutuelle entre les deux pays.
Abuja prend ses distances avec les propos controversés
La visite du ministre nigérian a également été l’occasion de désamorcer une polémique née de déclarations d’un responsable politique au Nigeria, selon lesquelles des militaires de son pays auraient été maltraités au Burkina Faso.
Des propos aussitôt jugés « insalubres » par Yusuf Maitama Tuggar, qui a tenu à présenter des « excuses sincères » au gouvernement burkinabè. Il a précisé que ces affirmations ne reflétaient en rien la position officielle du Nigeria, soucieux de préserver la dynamique de coopération régionale malgré les surenchères politiques internes.
Coopération sécuritaire et reconnaissance des efforts burkinabè
Lors des échanges avec le président Ibrahim Traoré, le ministre nigérian a salué la gestion exemplaire des autorités burkinabè après l’incident, notamment la prise en charge fraternelle de l’équipage nigérian toujours présent sur le sol burkinabè.
Au-delà de l’incident, les discussions ont porté sur le renforcement des relations bilatérales, en particulier dans le domaine de la lutte contre le terrorisme. Yusuf Maitama Tuggar a d’ailleurs reconnu les « succès significatifs » enregistrés par le Burkina Faso dans ce combat, soulignant la nécessité d’une coopération accrue entre pays sahéliens pour faire face à la menace commune.
Vers une relance du dialogue régional
Cette visite marque une étape importante dans la relance du dialogue entre le Nigeria et les États de l’Alliance du Sahel (AES). En présentant ses excuses officielles, en condamnant des propos offensants et en valorisant les efforts du Burkina Faso dans la sécurisation du territoire, Abuja envoie un signal fort d’apaisement et de solidarité.
Dans un Sahel en quête de stabilité et d’unité, la rencontre entre Abuja et Ouagadougou apparaît comme une démonstration de diplomatie directe et constructive. Elle rappelle qu’en dépit des tensions conjoncturelles, la voie du dialogue reste le meilleur levier pour renforcer la souveraineté collective, la sécurité régionale et les partenariats stratégiques en Afrique de l’Ouest.
