APRNEWS: 80 % des défis mondiaux  – Quand les « anciens » verrouillent le pouvoir en Afrique

APRNEWS: 80 % des défis mondiaux  – Quand les « anciens » verrouillent le pouvoir en Afrique

D'après Barack Obama, 80% des problèmes mondiaux sont dus aux dirigeants plus âgés qui refusent de quitter le pouvoir pour éviter de se sentir insignifiants. En Afrique, des présidents tels que Teodoro Obiang Nguema, Paul Biya, Denis Sassou-Nguesso, Yoweri Museveni et Isaias Afwerki illustrent cette tendance en prolongeant leur mandat. Les conséquences de cette situation incluent un blocage des institutions, une concentration du pouvoir entre les mains d'une seule personne, un immobilisme social et politique, ainsi qu'une réputation internationale négative. Les jeunes Africains sont encouragés à s'engager pour des réformes constitutionnelles, à soutenir des mouvements politiques indépendants, à investir dans l'éducation civique et entrepreneuriale, à lutter contre la corruption et à favoriser les échanges intergénérationnels pour bâtir un avenir plus inclusif, novateur et durable.

« 80% des problèmes du monde viennent du fait que des hommes âgés s’accrochent au pouvoir, terrorisés par la mort et par l’idée de disparaître dans l’oubli. Ils refusent de lâcher prise. Alors, ils construisent des pyramides, mettent leur nom partout et cherchent ainsi à conjurer leur insignifiance. »  Barack Obama

Cette réflexion a récemment trouvé écho sur le continent africain, théâtre de certaines des plus longues présidences mondiales. En 2025, des dirigeants comme Teodoro Obiang Nguema (Guinée équatoriale, 46 ans au pouvoir, 84 ans), Paul Biya (Cameroun, 43 ans de règne, 92 ans), Denis Sassou-Nguesso (Congo, 41 ans cumulés, 83 ans), Yoweri Museveni (Ouganda, 39 ans au poste, 82 ans) ou encore Isaias Afwerki (Érythrée, 32 ans, 80 ans) incarnent ce verrouillage générationnel et institutionnel.

Conséquences de l’accaparement du pouvoir

Cette immense longévité présidentielle s’est traduite par

Le verrouillage des institutions via des réformes constitutionnelles sur mesure, l’absence de limitation des mandats et la mise à l’écart des oppositions démocratiques.

La personnalisation du pouvoir : culte de la personnalité, famille au pouvoir, succession dynastique.

La stagnation sociale et politique : peu de renouvellement, faible innovation, jeunesse marginalisée, montée du désenchantement et des tensions sociales.

Sur le plan international, l’image de l’Afrique reste pénalisée par la récurrence de crises et conflits liés à la concentration du pouvoir.

Les solutions pour la nouvelle génération

Que peuvent les jeunes Africains face à ce verrou ?
Quelques recommandations pour impulser le changement :

Militer pour des réformes constitutionnelles claires, transparentes et codifiant la limitation de mandat et l’âge maximum pour exercer le pouvoir suprême.

Encourager l’émergence de partis et mouvements politiques indépendants, portés par des jeunes, des femmes et des citoyens engagés, capables de renouveler le leadership.

Investir massivement dans l’éducation civique, numérique et entrepreneuriale pour outiller la jeunesse à l’action politique et à l’innovation sociale.

Faire pression pour la transparence dans la gestion publique, la lutte contre la corruption et le renforcement de la société civile : média indépendant, ONG, plateformes d’expression.

Promouvoir le mentorat intergénérationnel, afin que les élites sortantes accompagnent la relève dans un climat de transmission et d’ouverture.

Mettre l’accent sur l’engagement citoyen, la mobilisation des réseaux sociaux et l’utilisation des outils digitaux pour défendre la démocratie participative et la redevabilité politique.

La nouvelle génération est l’avenir du continent : elle doit refuser l’héritage de la peur du vide et oser écrire sa propre histoire. Comme l’affirme Obama, le véritable antidote à « l’insignifiance » n’est pas dans le culte de la longévité ou la construction de monuments, mais dans le courage de transmettre et de laisser une place à l’innovation collective.

Les conséquences du pouvoir captif

Ce phénomène génère des blocages majeurs

Institutions fragilisées : Les restrictions du pluralisme, les réformes constitutionnelles sur mesure et l’absence de rotation créent des États à l’épreuve du temps mais peu adaptés aux enjeux contemporains.

Jeunesse marginalisée : Une population majoritairement jeune, confrontée au chômage, à l’exclusion politique, rarement consultée ou représentée dans les pôles de décision.

Innovations et transitions retardées : Refus systématique de transmission et absence de renouvellement empêchent les sociétés d’explorer des pistes nouvelles et de répondre avec agilité aux crises économiques ou sécuritaires.

Solutions pour la génération montante

Pour dépasser ce modèle, la jeunesse africaine peut s’engager

Plaider pour la limitation d’âge et de mandat dans les constitutions nationales, pour casser la logique d’éternisation et d’héritage politique familial.

Investir la scène politique locale et associative, en créant des mouvements transgénérationnels axés sur la transparence, la diversité et l’écoute citoyenne.

Mobiliser les outils numériques et les réseaux sociaux comme espaces de débat et de plaidoyer, pour exiger la reddition de comptes et l’ouverture des schémas de gouvernance.

Valoriser l’éducation, la formation civique et l’entrepreneuriat pour armer la jeunesse et lui permettre d’occuper des places stratégiques dans l’administration publique ou privée.

Face à la tentation de la longévité et au syndrome du « chef omnipotent », les jeunes Africains doivent revendiquer avec audace leur droit à l’innovation, à l’alternance et à la mémoire collective. Modifier ce paradigme, c’est ouvrir la voie à une société plus inclusive, plus créative et plus durable, où l’empreinte du pouvoir passerait par la transmission, non par le contrôle.

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