APRNEWS: Le maire PPA-CI de Lakota, Prince Arthur Richard Dalli, a été placé sous mandat de dépôt

APRNEWS: Le maire PPA-CI de Lakota, Prince Arthur Richard Dalli, a été placé sous mandat de dépôt

Le maire de Lakota, Prince Arthur Richard Dalli, figure du PPA-CI, a été placé sous mandat de dépôt ce vendredi à l’issue de son audition devant le cabinet d’instruction, dans le cadre d’une procédure liée aux violences postélectorales de la présidentielle de 2025.

Cette incarcération, qui vise un élu local proche de l’opposition, illustre la persistance des tensions politiques en Côte d’Ivoire dans un contexte régional déjà fragilisé par les crises démocratiques.

Un maire d’opposition rattrapé par la justice

Selon les informations recueillies auprès de sources judiciaires et politiques, Prince Arthur Richard Dalli a été entendu pendant plusieurs heures avant que le juge d’instruction ne décide de son placement sous mandat de dépôt. L’édile de Lakota est poursuivi dans le cadre des enquêtes ouvertes après les manifestations et incidents survenus dans cette commune lors de l’élection présidentielle de 2025, marquée localement par des heurts entre partisans de la majorité et de l’opposition.

Les chefs d’accusation précis n’ont pas été rendus publics à ce stade, mais la procédure s’inscrit dans une vague plus large de poursuites visant des responsables politiques accusés d’avoir encouragé ou encadré des mobilisations jugées violentes ou illégales. Pour ses soutiens, ce dossier s’apparente à une instrumentalisation de la justice destinée à affaiblir le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) dans ses bastions de l’intérieur du pays.

Lakota, bastion disputé au cœur du Lôh-Djiboua

Lakota, ville du centre-ouest ivoirien, est devenue ces dernières années un terrain symbolique de la rivalité entre le pouvoir et l’opposition. En 2023, l’élection municipale avait consacré la victoire de Prince Arthur Dalli, investissant à la tête de la commune un cadre issu de la galaxie de Laurent Gbagbo, dans une région où le PPA-CI entendait reconquérir du terrain.

Ingénieur télécom formé en France et titulaire d’un diplôme en trading financier à Londres, le maire s’était imposé comme une figure montante locale, multipliant les gestes de réconciliation avec son prédécesseur, Samy Merhy, tout en promettant un « projet de l’espoir » pour Lakota. Son profil technocratique, doublé d’un ancrage militant, avait contribué à faire de la commune un laboratoire de la recomposition politique dans le Lôh-Djiboua.

Les manifestations de 2025 dans le viseur

La procédure ouverte contre Prince Arthur Dalli s’inscrit dans le prolongement des manifestations organisées à Lakota lors de la présidentielle de 2025, scrutin contesté par une partie de l’opposition. Dans plusieurs villes du pays, des cortèges de militants du PPA-CI et de formations alliées avaient dénoncé les conditions d’organisation du vote et l’absence de consensus sur les réformes institutionnelles, donnant parfois lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre.

À Lakota, ces mobilisations auraient été particulièrement suivies, dans une région marquée par le souvenir des crises électorales précédentes. Les autorités affirment enquêter sur des faits de troubles à l’ordre public, de destruction de biens et de participation à des rassemblements non autorisés, autant d’infractions qui peuvent, en cas de condamnation, entraîner des peines de prison fermes pour les organisateurs supposés.

Un climat politique à nouveau sous tension

L’incarcération du maire de Lakota intervient alors que l’opposition ivoirienne dénonce un resserrement du contrôle sécuritaire autour de ses activités, après une série de convocations et d’interpellations visant des cadres du PPA-CI et de partis alliés. Déjà, en 2025, des figures comme l’ancien ministre de la défense Lida Kouassi Moïse avaient été arrêtées après des marches de protestation, alimentant le discours d’un « pôle pénitentiaire » ciblant les opposants.

Pour le pouvoir, ces procédures répondent à la nécessité de prévenir de nouvelles flambées de violence, dans un pays encore marqué par les traumatismes des crises de 2002-2011 et de 2020. Les organisations de défense des droits humains, elles, alertent sur le risque d’un rétrécissement de l’espace civique et d’un retour des réflexes répressifs à l’approche des prochaines échéances électorales.

Le PPA-CI face à l’épreuve judiciaire

Au sein du PPA-CI, la mise sous écrou d’un maire en exercice, par ailleurs candidat indépendant aux législatives de 2025 à Lakota, est perçue comme un nouveau coup porté à un parti déjà fragilisé par des dissensions internes et des revers électoraux. Prince Arthur Dalli s’était récemment engagé sur des thèmes populaires, comme la gratuité de la carte nationale d’identité et le renforcement de la transparence parlementaire, cherchant à élargir sa base au-delà des seuls fidèles de Laurent Gbagbo.

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