APRNEWS: Trump menace l’Europe de « grosses représailles » en cas de vente massive de dette américaine

APRNEWS: Trump menace l’Europe de « grosses représailles » en cas de vente massive de dette américaine

Donald Trump, président des États-Unis, a averti jeudi 22 janvier 2026 qu’il riposterait fermement si les pays européens vendaient massivement des titres de dette américaine pour déstabiliser l’économie américaine.

Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions géopolitiques exacerbées, notamment autour du Groenland, et de mouvements récents sur les marchés obligataires. Prononcée lors d’une interview accordée à Fox Business depuis Davos, la menace vise à dissuader une arme économique que certains observateurs estiment à la portée de l’Europe.

Contexte des tensions transatlantiques

Les Européens, membres de l’Otan, détiennent environ 2 000 milliards de dollars de dette américaine, un montant qui atteint 3 000 milliards en incluant le Canada. Ces avoirs massifs ont pris une dimension stratégique alors que les taux des bons du Trésor américain grimpent sous l’effet des incertitudes commerciales et budgétaires. Récemment, des fonds de pension nordiques comme le suédois Alecta et les danois AkademikerPension et Pædagogernes Pensionskasse ont annoncé vendre leurs positions en obligations d’État américaines, invoquant la fragilité des finances publiques des États-Unis.

Ces ventes, bien que limitées, illustrent une vulnérabilité que Donald Trump refuse d’ignorer. « Si cela arrivait, nous lancerions de grosses représailles et nous avons toutes les cartes en main », a-t-il déclaré, soulignant la dépendance européenne envers les marchés et la protection américaine. Les tensions autour du Groenland, où Trump a réitéré ses ambitions territoriales, ont amplifié la nervosité des marchés, faisant chuter le dollar et gonfler les rendements obligataires.

Une arme économique à double tranchant

Vendre massivement de la dette américaine ferait grimper les taux d’intérêt aux États-Unis, renchérissant le coût de la dette publique américaine, évaluée à plus de 35 000 milliards de dollars. Les Européens pourraient ainsi exercer une pression indirecte sur la politique américaine, une tactique évoquée par des analystes pour contrer les offensives douanières ou géopolitiques de Trump. Cependant, une telle stratégie s’apparente à un « effet boule de neige » : une déstabilisation des Treasuries impacterait les portefeuilles européens, exposés à ces actifs, et pourrait éroder la confiance globale dans les obligations souveraines.

Historiquement, les marchés obligataires ont déjà forcé Trump à temporiser, comme au printemps 2025 lors de son offensive douanière freinée par une flambée des taux. Des voix en Europe, relayées sur les réseaux sociaux, appellent même à « vendre cette dette américaine » pour riposter, mais les risques d’escalade l’emportent souvent sur les bénéfices immédiats.

Les « représailles » brandies par Trump

Le président américain n’a pas détaillé la nature de ces représailles, mais son arsenal inclut des droits de douane punitifs, des restrictions commerciales ou une remise en cause des engagements otaniens. « Nous avons toutes les cartes en main », a-t-il insisté, évoquant la suprématie militaire, économique et technologique des États-Unis. Cette posture s’inscrit dans une rhétorique familière, où Trump transforme toute menace perçue en levier de négociation.

À Davos, symbole des élites mondialistes que Trump critique, cette sortie renforce son image de leader imprévisible, prêt à tout pour défendre les intérêts américains. Les réactions européennes restent mesurées, mais des fonds comme Alecta signalent un désengagement prudent, sans pour autant appeler à une action coordonnée.

Enjeux pour l’Europe et perspectives

L’Europe se trouve dans une position délicate : user de la dette comme levier risquerait une guerre économique aux conséquences imprévisibles, tout en fragilisant sa propre stabilité financière. Les pays de l’UE, déjà divisés sur la réponse aux ambitions trumpiennes, pourraient opter pour une diversification progressive de leurs réserves plutôt qu’une vente brutale. À court terme, les marchés scrutent les prochaines déclarations de Trump et les données sur les Treasuries, tandis que les tensions transatlantiques s’intensifient.

Cette passe d’armes illustre la fragilité des alliances face aux nationalismes économiques. Restera-t-il de la place pour le dialogue, ou l’Europe testera-t-elle les limites de la patience américaine ?

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