APRNEWS: Côte d’Ivoire – l’État rachète le stock de cacao pour soutenir les producteurs

APRNEWS: Côte d’Ivoire – l’État rachète le stock de cacao pour soutenir les producteurs

Face à la chute des cours mondiaux du cacao et aux tensions observées sur le terrain, le gouvernement ivoirien a annoncé, mardi, une mesure exceptionnelle : le rachat, par l’État, des stocks résiduels de fèves au prix garanti de 2 800 francs CFA le kilogramme.

 L’objectif affiché : « protéger le revenu des producteurs et préserver la stabilité sociale », selon les propos tenus lors d’une conférence de presse du ministère de l’Agriculture et du Développement rural.

Une stratégie de « stabilité sociale »

Le ministre a rappelé que, conformément au mécanisme de commercialisation mis en place par le Conseil du Café-Cacao, plus de 85% de la production de la campagne principale 2025-2026 avait été prévendue avant son ouverture. Cette politique de couverture a permis de fixer un prix plancher historiquement élevé pour les planteurs.

Mais la conjoncture mondiale a brutalement tourné. Entre septembre 2025 et janvier 2026, les cours du cacao ont dévissé de près de 30%, passant d’environ 3 800 F CFA à 2 500 F CFA le kilogramme. Une situation qui a provoqué des embouteillages logistiques dans les zones de production et accru la pression sur les exportateurs.

Peut être une image de estrade, salle de presse et texte

Rachets publics et mobilisation logistique

Pour absorber les excédents et restaurer la fluidité de la commercialisation, le gouvernement a décidé d’acheter directement les quantités invendues, à travers un dispositif piloté par le Conseil du Café-Cacao en partenariat avec l’Organisation interprofessionnelle agricole du Café-Cacao(OIACC).

Les opérateurs nationaux, jugés « crédibles et structurés », seront placés au cœur du dispositif d’enlèvement et de stockage, en collaboration avec les multinationales et les transformateurs locaux. Les premières opérations doivent débuter dans les jours à venir.

Trois orientations majeures ont été fixées :

  1. Réaliser un inventaire des stocks encore disponibles dans les zones de production.

  2. Mettre en place un mécanisme d’achat au prix de 2 800 F CFA/kg, financé et supervisé par l’État.

  3. Lancer une campagne d’information et de sensibilisation auprès des producteurs.

Une filière sous tension

Le gouvernement doit également faire face à la concurrence grandissante des flux transfrontaliers venus des pays voisins, où les prix bord champ sont inférieurs à ceux garantis en Côte d’Ivoire. Ces mouvements compliquent la régulation du marché intérieur et mettent à l’épreuve le système ivoirien de stabilisation, salué jusqu’ici comme un modèle en Afrique de l’Ouest.

Assurant que « la situation est sous contrôle », le ministre a tenu à calmer les inquiétudes : « Le gouvernement est mobilisé, la réponse est structurée, et les opérations vont produire des effets concrets dans les prochains jours. »

Avec cette intervention directe, la Côte d’Ivoire – premier producteur mondial – espère protéger son modèle de fixation des prix, pilier de l’équilibre économique et social d’une filière vitale pour plus d’un million de familles rurales.

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