
APRNEWS: Contraception en Chine – La nouvelle taxe de 13% impacte les consommateurs
La Chine a rétabli au 1er janvier 2026 une taxe de 13% sur les contraceptifs, mettant fin à plus de trente ans d’exonération fiscale sur ces produits.
Décision va mécaniquement renchérir le prix des préservatifs, pilules et dispositifs intra‑utérins pour des centaines de millions de consommateurs chinois.
Un virage fiscal aux conséquences intimes
Depuis le 1er janvier, les préservatifs, pilules contraceptives et autres dispositifs de contrôle des naissances sont soumis au taux standard de TVA de 13%, comme la plupart des biens de consommation en Chine. Pendant plus de trois décennies, ces produits étaient exonérés, une mesure héritée de l’ère de la politique de l’enfant unique qui visait à faciliter l’accès à la contraception.
Les premières hausses de prix se font déjà sentir dans les grandes villes, où une boîte de préservatifs pouvait auparavant coûter autour de 3 euros pour trois unités, un niveau désormais appelé à grimper. Les associations redoutent que cette augmentation pèse surtout sur les étudiants et les ménages à faible revenu, plus sensibles à quelques yuans de plus sur chaque achat.
Objectif officiel – Relancer les naissances
Cette réforme s’inscrit dans une vaste refonte de la loi sur la TVA adoptée en 2024, qui redessine la liste des biens et services bénéficiant d’exonérations. Dans le même texte, Pékin a choisi de maintenir ou d’introduire des allègements fiscaux pour les services de garde d’enfants, de mariage et de prise en charge des personnes âgées, afin d’encourager la formation de familles.
Le message politique est clair : après des décennies de limitation des naissances, la priorité est désormais d’enrayer le déclin démographique et le vieillissement rapide de la population. La suppression du régime de faveur accordé aux contraceptifs est interprétée comme un signal symbolique supplémentaire d’un État qui veut rendre la parentalité plus attractive, quitte à rendre la sexualité protégée plus coûteuse.
Inquiétudes des experts de santé publique
De nombreux spécialistes de santé publique alertent sur les effets pervers possibles de cette fiscalité. Ils craignent qu’un renchérissement des contraceptifs ne se traduise par une baisse de leur utilisation, une hausse des grossesses non désirées et une recrudescence des infections sexuellement transmissibles, notamment chez les jeunes.
Des voix s’élèvent déjà sur les réseaux sociaux et dans certains médias pour dénoncer une mesure « déconnectée » du quotidien des urbains précaires. Des témoignages de jeunes Chinois cités par la presse étrangère disent redouter de devoir « prendre des risques » faute de moyens suffisants pour acheter systématiquement des préservatifs ou des pilules.
Entre impératif budgétaire et malaise social
Pour l’État chinois, la TVA reste la première source de recettes, représentant près de 40% des prélèvements fiscaux, ce qui donne aussi à cette réforme une dimension budgétaire. En réintégrant les contraceptifs dans l’assiette imposable, Pékin élargit modestement sa base fiscale, tout en envoyant un signal politique sur la hiérarchie de ses priorités sociales.
Mais la controverse témoigne d’un malaise plus profond : dans un pays où le coût du logement, de l’éducation et de la santé est souvent pointé comme l’obstacle majeur à la parentalité, beaucoup jugent paradoxal que le gouvernement commence par taxer davantage la contraception plutôt que de s’attaquer aux dépenses familiales structurelles. Reste à savoir si ce pari fiscal sur l’intimité des couples chinois produira l’effet recherché sur la courbe des naissances, ou s’il ne fera qu’alimenter le ressentiment d’une génération déjà réticente à fonder une famille.
