
APRNEWS: Augmentation imminente des prix du poulet en Côte d’Ivoire en raison d’une TVA de 18%
Le 2 janvier 2026, l’aliment de volaille en Côte d’Ivoire sera assujetti à une TVA de 18%, une mesure fiscale qui devrait renchérir rapidement le coût de production du poulet et, à terme, le prix payé par les consommateurs.
Les organisations professionnelles de la filière avicole dénoncent une décision jugée inflationniste, qui menace la compétitivité d’un secteur clé pour l’emploi et la sécurité alimentaire.
Une nouvelle taxe au 2 janvier
L’annexe fiscale 2026 de l’État ivoirien prévoit l’application d’une TVA de 18% sur l’aliment de volaille à compter du 2 janvier 2026.
Cette disposition, intégrée au dispositif fiscal adopté pour l’exercice 2026, s’appliquera à tous les fabricants et distributeurs d’aliments destinés aux élevages avicoles sur le territoire national.
Alerte des industriels et éleveurs
L’INTERAVI, l’association des industriels de la filière avicole, a officiellement informé les principales organisations d’éleveurs (ANAVICI, UACI, UNACI, ANAM CI) de l’entrée en vigueur de la TVA, tout en soulignant le caractère « inflationniste » de la mesure.
Dans une note signée par son président Kindo Kouadio Armand, l’interprofession prévient que cette taxe met « à terme en péril » les activités de toute la filière, en raison de la hausse attendue des coûts de production.
Un secteur stratégique sous pression
La filière avicole ivoirienne affiche un chiffre d’affaires estimé à 450 milliards de FCFA en 2024 et génère près de 300 000 emplois directs et indirects, selon l’interprofession et le ministère des Ressources animales et halieutiques.
La production de viande de volaille est passée d’environ 23 000 tonnes en 2010 à plus de 110 000 tonnes en 2024, permettant de couvrir près de 95 à 96% des besoins du pays en protéines avicoles, même si la consommation par habitant reste inférieure aux recommandations internationales.
De la ferme au consommateur : des prix en hausse
Pour les éleveurs, la TVA de 18% sur l’aliment se traduira mécaniquement par une augmentation immédiate du coût du kilo de poulet vivant, notamment pour les petites et moyennes exploitations déjà fragilisées par le prix des intrants importés.
À moyen terme, cette hausse des charges devrait être répercutée sur les prix de vente au détail, avec un poulet de chair et des œufs potentiellement plus chers sur les marchés urbains comme dans les zones rurales.
La TVA de 18% sur l’aliment de volaille, applicable dès le 2 janvier 2026 en Côte d’Ivoire, augmentera les coûts de production des éleveurs, entraînant une hausse progressive du prix final du poulet pour les consommateurs. Cette mesure fiscale, confirmée par l’annexe fiscale 2026, pèse sur un secteur où l’aliment représente jusqu’à 70% des charges d’exploitation.
Impact direct sur les coûts de production
L’aliment de volaille, principal intrant, verra son prix grimper de 18% pour les éleveurs, passant par exemple d’un coût unitaire de 300 FCFA/kg à environ 354 FCFA/kg hors autres taxes.
Pour un poulet de 2 kg nécessitant 4 à 5 kg d’aliment sur son cycle d’élevage, cela ajoute 20 à 30 FCFA par tête en coût supplémentaire immédiat.
Transmission au prix du poulet vivant
Les éleveurs répercuteront cette hausse sur le prix du poulet vivant, actuellement autour de 1 800 à 2 200 FCFA/kg selon les régions ; une augmentation de 10 à 15% est anticipée, soit 200 à 300 FCFA/kg en plus.
Les petites exploitations, majoritaires, absorberont d’abord une partie des coûts pour rester compétitives, mais la marge se réduit drastiquement sans subventions.
Conséquences pour le consommateur final
| Étape de la chaîne | Prix actuel (FCFA/kg) | Hausse estimée (%) | Prix post-TVA (FCFA/kg) |
|---|---|---|---|
| Poulet vivant | 2 000 | +12% | 2 240 |
| Poulet abattu | 3 500 | +8-10% | 3 780 – 3 850 |
| Poulet au détail | 4 500 | +6-8% | 4 770 – 4 860 |
Au détail, le poulet entier ou en portions pourrait coûter 300 à 500 FCFA de plus par unité, impactant surtout les ménages urbains dépendants de cette protéine abordable.
Les œufs, issus de la même filière, risquent une hausse similaire de 10-20 FCFA par œuf en quelques mois.
Entre objectifs budgétaires et sécurité alimentaire
Le gouvernement ivoirien mise, dans sa stratégie de développement de l’élevage (PONADEPA 2022‑2026), sur la modernisation du secteur avicole et la mobilisation de nouvelles ressources fiscales pour accompagner les producteurs locaux.
Mais la mise en œuvre de la TVA sur l’aliment de volaille intervient dans un contexte où les autorités avaient auparavant accordé des exonérations partielles de droits et taxes sur certains intrants, ce qui alimente le débat sur l’équilibre entre rendement fiscal et soutien à un secteur jugé essentiel pour la sécurité alimentaire nationale
