APRNEWS: Le Rwanda ferme plus de 10 000 églises évangéliques

APRNEWS: Le Rwanda ferme plus de 10 000 églises évangéliques

Le Rwanda intensifie sa régulation des lieux de culte en fermant plus de 10 000 églises évangéliques pour non-respect de la loi de 2018 sur les organisations confessionnelles.

Cette mesure, appliquée par le Rwanda Governance Board (RGB), vise à imposer des normes strictes de santé, sécurité, divulgation financière et formation théologique des prédicateurs. Le président Paul Kagame critique ouvertement ces églises, qualifiées de « nids de bandits » exploitant les fidèles.

Contexte de la loi de 2018

La loi n°72/2018 exige l’enregistrement des églises auprès du RGB, des bâtiments insonorisés avec parking, points d’eau et toilettes, ainsi que des diplômes théologiques pour les pasteurs. Un délai de grâce de cinq ans a été accordé, mais de nombreuses églises, surtout pentecôtistes, n’ont pas respecté ces règles malgré des rappels annuels. Des fermetures massives ont eu lieu dès 2018 (plus de 700 à Kigali), puis en 2024 (jusqu’à 7 700 inspectées, 70% fermées).

Opérations récentes et chiffres

En 2024-2025, le RGB a fermé près de 10 000 lieux de culte, principalement évangéliques et pentecôtistes, lors d’audits nationaux pour infractions mineures comme l’absence de normes d’hygiène ou de sécurité incendie. Aucune n’a rouvert à ce jour, bien que certaines puissent se conformer. Ces actions touchent 90% de la population chrétienne rwandaise, forçant les fidèles à parcourir de longues distances.

Positions du gouvernement et critiques

Paul Kagame dénonce les pasteurs « escrocs » qui s’enrichissent via des offrandes sans contribuer au développement national, évoquant des « criminels » et des pratiques sectaires comme des jeûnes extrêmes. Le RGB insiste sur la responsabilité des églises envers la vie humaine et les valeurs nationales, avec des plans annuels et comptes bancaires obligatoires. Des analystes y voient un contrôle étatique sur l’influence religieuse concurrente.

Impacts et perspectives

Les fermetures affectent surtout les petites églises indépendantes, tandis que les grandes structures traditionnelles résistent mieux. Des taxes potentielles sur les églises sont évoquées pour réguler les flux financiers. Cette politique s’inscrit dans une croisade post-réélection de Kagame contre le « désordre confessionnel ».

Catégories
Étiquettes
Partager ceci

Commentaires

Mots-clés (0)