
APRNEWS: L’épouse de l’ex-président de Guinée-Bissau mise en examen au Portugal pour blanchiment
Lisbonne, 16 décembre 2025. Dinisia Reis Embalo, épouse de l’ancien président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embalo, a été mise en examen par la justice portugaise dans le cadre d’une enquête pour contrebande et blanchiment de capitaux, a annoncé la police portugaise mardi.
L’ex-première dame a atterri à Lisbonne le week-end dernier à bord d’un vol en provenance de Guinée-Bissau, le même que celui d’un autre passager interpellé à l’aéroport après une dénonciation anonyme. Ce dernier, identifié par les médias locaux comme Tito Fernandes, un proche de l’ancien chef de l’État, transportait près de 5 millions d’euros en espèces. Selon les autorités portugaises, Dinisia Reis Embalo serait liée à cette affaire, bien qu’aucun détail supplémentaire n’ait encore été communiqué.
Le vol, initialement déclaré comme vol militaire, devait selon son plan de vol rejoindre la ville de Beja, dans le sud du Portugal. Cependant, les autorités aéronautiques ont relevé des incohérences sur la destination réelle de l’appareil, renforçant les soupçons entourant le déplacement de la délégation bissau-guinéenne.
Cette nouvelle affaire judiciaire survient dans un contexte politique explosif en Guinée-Bissau, où un coup d’État militaire a renversé fin novembre le président Sissoco Embalo, à la veille de la proclamation des résultats des élections du 23 novembre. Les militaires affirment avoir pris « le contrôle total du pays », suspendant le processus électoral et arrêtant plusieurs responsables civils.
Face à cette dérive, la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) a suspendu la Guinée-Bissau de toutes ses activités, confiant temporairement la présidence tournante de l’organisation au Timor oriental. Le ministre portugais des Affaires étrangères, Paulo Rangel, a confirmé mardi être en contact avec Bissau dans le but de promouvoir un « retour rapide à l’ordre constitutionnel ».
La mise en cause de Dinisia Reis Embalo, à la fois figure politique et symbole du pouvoir déchu, ajoute une dimension judiciaire à la crise d’un État déjà fragilisé par une succession de putschs militaires depuis son indépendance en 1974.
