
APRNEWS: Côte d’Ivoire – L’Ambassade de France dément tout ordre d’évacuation de ses ressortissants
Depuis le 20 octobre 2025, plusieurs messages circulant sur Facebook, WhatsApp et X (ancien Twitter) affirment que l’Ambassade de France à Abidjan aurait demandé à ses ressortissants de quitter la Côte d’Ivoire « sous 72 heures », évoquant une détérioration supposée de la situation sécuritaire et politique.
Après vérification, il s’avère qu’aucun ordre d’évacuation ou appel au départ volontaire n’a été émis par les autorités françaises.
Une rumeur fondée sur un faux communiqué
La fausse alerte se présentait sous la forme d’un communiqué attribué au ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères. Ce texte reprenait les codes graphiques et les coordonnées officielles du ministère, y compris le numéro de la cellule de crise, ce qui a trompé de nombreux internautes.
Cependant, ce numéro est authentique uniquement pour les urgences à l’étranger, et aucun message officiel d’évacuation n’a été publié sur les canaux du ministère. L’information a donc été formellement démentie par l’Ambassade de France à Abidjan.
L’ambassade appelle au calme et à la vigilance
Interrogé par Eburnie Today, Benoît Verdeaux, Premier conseiller de l’Ambassade de France en Côte d’Ivoire, a tenu à clarifier la situation :
« La France n’a pas invité ses ressortissants à quitter la Côte d’Ivoire. Il n’y a aucune raison, dans le contexte actuel, d’émettre un tel ordre. »
Le diplomate a expliqué que “la mise en protection ou l’évacuation des ressortissants français ne se décide que dans des cas d’urgence absolue, tels qu’un conflit armé ou une catastrophe naturelle, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui”.
Le Premier conseiller a aussi invité les membres de la communauté française à consulter uniquement les sites officiels :
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le site de l’Ambassade de France à Abidjan (ci.ambafrance.org)
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la page “Conseils aux voyageurs” du Ministère français de l’Europe et des affaires étrangères (diplomatie.gouv.fr)
À ce jour, aucune mise à jour ni alerte concernant la Côte d’Ivoire n’a été publiée sur ces plateformes.
Capture d’écran Facebook effectuée le 21 octobre 2025
La lutte contre la désinformation en ligne
Cette fausse alerte survient dans un contexte marqué par la multiplication de rumeurs liées à la situation politique en Côte d’Ivoire avant la présidentielle du 25 octobre prochain. Selon la Plateforme de lutte contre la cybercriminalité (PLCC) du ministère ivoirien de l’Intérieur, la diffusion de fausses nouvelles constitue un délit passible de six mois à deux ans d’emprisonnement et d’une amende pouvant aller jusqu’à cinq millions de francs CFA.
Les autorités françaises et ivoiriennes rappellent que le partage d’informations non vérifiées sur la sécurité ou la politique internationale peut alimenter des tensions inutiles. Toute alerte officielle est toujours précédée d’une communication publique sur les canaux du gouvernement français.
