APRNEWS: Peut-on commenter, contester ou critiquer une décision de justice?

APRNEWS: Peut-on commenter, contester ou critiquer une décision de justice?

Dans une démocratie, il est légitime de critiquer les décisions de justice, car celles-ci sont prises au nom du peuple qui a le droit de s'exprimer publiquement sur ces sujets. La critique judiciaire est encadrée par des recours officiels tels que l'appel ou la cassation, et est protégée par la loi tant qu'elle ne porte pas atteinte à l'ordre public. La liberté d'expression inclut le droit de remettre en question l'indépendance de la justice, mais les critiques abusives peuvent être sanctionnées, notamment en cas de diffamation ou d'appel à la violence. En résumé, les débats, critiques et contestations sont essentiels pour l'évolution du droit et de la démocratie, tant qu'ils respectent les limites fixées par la loi pour préserver l'ordre public.

Peut-on commenter, contester ou critiquer une décision de justice?
On entend ces derniers temps qu’on n’a pas le droit de contester une decision de justice ou même de la commenter. On répète cela sur des plateaux de télé avec l’intention claire d’intimider ou de menacer des citoyens.
Dans une démocratie et non dans une autocratie, on a le droit de commenter et de critiquer une décision de justice parce que la justice est rendue au nom du peuple et le peuple a le droit de commenter et de critiquer.
En France, l’ancien président, Nicolas Sarkozy, vient d’être condamné à 5 ans de prison avec Mandat de dépôt différé mais la décision est assortie de l’exécution provisoire.
Depuis hier, sur tous les médias, tout le monde- y compris des membres du gouvernement (ministre de l’intérieur) et le president du Senat, des journalistes, des citoyens interrogés dans les rues, des acteurs politiques, des avocats et même des magistrats à la retraite-commente et critique négativement ou positivement cette décision de la justice française.
Cela ne remet pas en cause l’indépendance des juges ou de la justice. On a même le droit de dire que la justice n’est pas indépendante, c’est une opinion, une liberté garantie par la constitution.
Ce qui est interdit là-bas comme ici en Côted’Ivoire, c’est de troubler l’ordre public en se rebellant contre une décision de justice, c’est d’appeler à la révolte contre une décision de justice.
C’est cela qui constitue une infraction, pas le simple fait de dire qu’on n’est pas d’accord ou que les juges ont rendu une mauvaise décision au regard du droit ou des faits.
C’est parce que les décisions de justice sont soumises à l’appréciation du peuple vu que les juges ne sont que des hommes qui peuvent se tromper de bonne foi, qu’il y a le double degré de juridiction dans l’ordre judiciaire et que de ce fait, on a le droit de protester sur un plateau de télé, devant une cour d’appel ou devant une cour de cassation et même devant une cour de justice régionale ou communautaire.
Et même quand la décision est rendue en dernier ressort et donc sans recours et qu’il n’y a plus de possibilité judiciaire, on a le droit de saisir le président de la république pour qu’il prenne si possible, une decision politique de grâce ou d’amnistie. Cela est prévu par la Constitution. Rien n’est figé !
ASSALÉ TIÉMOKO ANTOINE.
DÉPUTÉ DE LA NATION.
Peut être une image de texte qui dit ’UNE JUSTICE AU NOM DU PEUPLE: GARANTIR LE SERVICE PUBLIC DE LA JUSTICE ET LES LIBERTÉS Les livrets thématiques de l'Avenir en commun édition 2022’
DÉCRYPTAGE

Il est parfaitement possible de commenter, contester ou critiquer une décision de justice, en particulier dans une démocratie. La justice est rendue au nom du peuple, qui a le droit d’exprimer son opinion sur les décisions judiciaires, que ce soit en public, dans les médias ou devant des tribunaux supérieurs.

Ce que dit le droit français sur la critique de la justice :

La critique judiciaire est possible par les recours prévus (appel, cassation, révision), permettant de contester officiellement une décision.

Toute personne, même non directement concernée, est libre d’exprimer une opinion sur une décision de justice. Le Code pénal (article 434-25) exclut des poursuites les commentaires visant à la réforme, cassation ou révision d’une décision.

On ne peut pas reprocher la critique tant qu’elle ne trouble pas l’ordre public : appeler à la révolte ou refuser de respecter une décision est une infraction, non la simple opinion ou contestation libre.

Liberté d’expression et limites

La liberté d’expression inclut le droit de dire que la justice n’est pas indépendante, c’est une opinion protégée par la Constitution.

La critique devient sanctionnable si elle porte atteinte à l’ordre public ou à l’autorité de la justice de façon abusive, par exemple, via la diffamation, l’injure ou l’appel à la violence.

Double degré de juridiction et droit de recours

Le système judiciaire prévoit plusieurs niveaux d’appel permettant la remise en cause d’une décision.

Quand la décision est définitive, le recours politique (grâce présidentielle ou amnistie) peut éventuellement intervenir, prouvant que rien n’est figé.

Le débat public, les critiques et les contestations sont non seulement possibles mais essentiels pour l’évolution du droit et la démocratie. Ce qui est interdit, c’est de désobéir à la loi ou d’appeler à la désobéissance civile contre une décision judiciaire. Le droit français garantit la liberté de parole sur la justice, tout en protégeant cette dernière de troubles à l’ordre public.

Le député Assalé Tiémoko Antoine résume bien la situation dans une démocratie.

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