
APRNEWS: Du devoir de pédagogie (Steve Beko) La Vérité qui dérange – Regards sur le monde Politique Ivoirien
Le débat autour de la légalité de la candidature d’Alassane Ouattara à la présidentielle d’octobre 2025 est centré sur l’interprétation de la Constitution ivoirienne adoptée en 2016. La candidature d’Alassane Ouattara est soutenue par l’argument légal que la Constitution de 2016, entrée en vigueur après ses deux premiers mandats, a remis à zéro le décompte des mandats, l’autorisant ainsi à se présenter en 2020 puis en 2025. Cette lecture est confirmée par le Conseil constitutionnel et par des acteurs politiques proches du pouvoir, tels que Charles Blé Goudé, qui appellent à la cohérence politique et au respect des règles adoptées en 2016. Cela reste un sujet de vive controverse politique en Côte d’Ivoire, avec des débats très polarisés sur la légitimité démocratique de ce quatrième mandat potentiel.

DÉCRYPATGE
Beko répond à des critiques et des campagnes de dénigrement provenant apparemment de sympathisants du pouvoir ivoirien (le RHDP, Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix). Le cœur du débat porte sur :
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La révision constitutionnelle de 2016 en Côte d’Ivoire.
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La possibilité pour Alassane Ouattara de briguer un troisième mandat en 2020, malgré cette nouvelle constitution.
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La défense de la position et de la crédibilité de l’auteur face à ses détracteurs.
Argumentaire et Structure du Raisonnement
Beko développe son argumentation en plusieurs points :
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Dénonciation de la malhonnêteté des adversaires : Il ridiculise ses opposants qui, selon lui, brandissent une vieille déclaration de 2016 (de Steve Beko) comme une « révélation » pour l’accuser d’inconstance. Pour lui, c’est une manœuvre « fourbe et mesquine ».
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Rappel des faits historiques :
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La constitution a été adoptée par référendum en octobre 2016.
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L’opposition (dont lui-même) était immédiatement sceptique, soupçonnant Ouattara de vouloir supprimer les limites de mandat.
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Le pouvoir a alors mené une campagne de communication pour affirmer le contraire, citant notamment l’article 183 de la nouvelle constitution qui réinitialiserait le compteur des mandats.
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Position de l’auteur : Il explique que ses doutes initiaux ont été dissipés par les déclarations officielles des membres du gouvernement eux-mêmes (le ministre Bacongo, Sansan Kambilé). Il s’est donc fié à la parole des autorités. Si cette parole s’est avérée fausse plus tard, la faute en revient au pouvoir, pas à ceux qui l’ont cru.
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Défense personnelle et attaque ad hominem :
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Il rejette les comparaisons avec Charles Blé Goudé (figure emblématique des « Jeunes Patriotes » pro-Gbagbo), affirmant qu’ils sont différents et qu’il n’aspire pas à lui ressembler.
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Il cite en modèles d’autres figures ivoiriennes (Mamadou Koulibaly, Tidiane Thiam, Laurent Gbagbo) pour établir sa propre lignée intellectuelle et politique, distincte de celle qu’on cherche à lui coller.
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Il méprise ses détracteurs, les qualifiant de « scribouillards du dimanche » et affirmant qu’ils « n’ont pas le niveau du débat ». Il use de la métaphore vulgaire du « film X » pour signifier qu’ils le critiquent en public mais le suivent en secret.
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Conclusion provocatrice : Le ton est celui du mépris assumé et de la supériorité intellectuelle (« J’ai fini d’écrire! Allez pleurer maintenant! »).
Procédés de Style et Ton
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Ton : Le ton est agressif, sarcastique, méprisant et très sûr de lui. C’est une réponse coup de poing.
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Ironie et sarcasme : « Oh ! Quelle découverte incroyable… », « comme si c’était une révélation divine ».
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Vocabulaire familier et imagé : « Grin » (terme ivoirien pour un groupe de discussion informel), « scribouillards », « fourbes et mesquins », « artillerie lourde », « jouez aux sofas zélés » (référence aux guerriers traditionnels), « strapontins ».
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Provocation : La métaphore du « film X » et la conclusion sont destinées à exaspérer l’adversaire.
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Références culturelles ivoiriennes : L’usage de « Sansan Kambilé », « Cissé Bacongo », « Blé Goudé », et la citation finale à la voix du chanteur DJ Arafat (« idolez moi doucement ») ancrent le texte dans le débat politique et culturel ivoirien.
« DU DEVOIR DE PEDAGOGIE » est un texte de combat politique. Il vise moins à convaincre par une argumentation mesurée qu’à :
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Démolir la crédibilité des attaquants.
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Justifier rétrospectivement la position de l’auteur.
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Affirmer sa propre supériorité intellectuelle et morale sur le camp adverse.
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Mobiliser et galvaniser son propre camp par un discours sans concession et au ton vengeur.
C’est un exemple typique de la rhétorique violente et polarisée qui caractérise souvent les débats politiques en ligne, où l’émotion et l’invective l’emportent souvent sur la discussion sereine des faits. L’auteur se présente en victime d’une cabale et en pédagogue forcé de devoir corriger des ignorants mal intentionnés.
