
APRNEWS: Le PPA-CI se mobilise suite à l’irrecevabilité de la candidature de Gbagbo
Le président exécutif du Parti des peuples africains-Côte d'Ivoire (PPA-CI), insiste sur la nécessité de poursuivre la lutte politique en Côte d'Ivoire jusqu'à ce que les droits des citoyens soient pleinement respectés et que des élections libres soient garanties.
Sébastien Dano Djédjé, président exécutif du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), a affirmé que la lutte politique se poursuivra tant que la Côte d’Ivoire n’aura pas pleinement respecté les droits de ses citoyens et garanti des élections libres. Il réaffirme que le combat contre le quatrième mandat du président Alassane Ouattara et pour la candidature de Laurent Gbagbo continuera sans relâche.
Suite à l’irrecevabilité de la candidature de Laurent Gbagbo par le Conseil constitutionnel pour la présidentielle du 25 octobre 2025, Dano Djédjé a dénoncé une décision qu’il considère comme une spoliation des droits de Gbagbo et un manquement grave à la loi fondamentale ivoirienne. Le PPA-CI prépare une mobilisation interne et annonce que la stratégie à suivre sera décidée prochainement.
Le parti met en avant la lutte pour le respect de la constitution et dénonce une discrimination manifeste dans le rejet de la candidature de Gbagbo, tout en rappelant un climat tendu marqué par la répression des militants d’opposition et une montée des violations des libertés constitutionnelles à l’approche du scrutin.
Analyse de la situation politique en Côte d’Ivoire
La déclaration de Sébastien Dano Djédjé, président du PPA-CI, révèle plusieurs tensions politiques majeures en Côte d’Ivoire à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre 2025 :
-
Contestation électorale : Le rejet de la candidature de Laurent Gbagbo par le Conseil constitutionnel crée une crise de légitimité du processus électoral aux yeux de l’opposition. Cette décision s’inscrit dans le contexte des controverses autour de l’éligibilité de Gbagbo, ancien président condamné puis grâcié .
Pourquoi cette distinction est au cœur de la controverse en Côte d’Ivoire :
-
Le Fondement de l’Inéligibilité : Le Conseil constitutionnel ivoirien a très probablement justifié le rejet de la candidature de Laurent Gbagbo en se basant sur l’article 60 de la loi électorale ivoirienne et/ou des dispositions de la Constitution. Ces textes prévoient généralement des conditions d’éligibilité et des cas d’incapacité (comme une condamnation à une peine criminelle).
-
L’Argument du PPA-CI : Le parti de Sébastien Dano Djédjé argue que puisque la peine a été effacée par la grâce (il n’est plus emprisonné), Gbagbo devrait retrouver tous ses droits civiques et politiques, y compris le droit d’être candidat. Ils considèrent donc le rejet comme une « spoliation » et une interprétation abusive de la loi.
-
L’Argument des Autorités : Le pouvoir considère très probablement que la condamnation elle-même, bien que la peine ait été graciée, existe toujours juridiquement. Si cette condamnation est pour une infraction qui entraîne l’inéligibilité selon le code électoral, la grâce ne suffit pas à lever cette incapacité. Seule une amnistie ou une réhabilitation l’aurait permis.
-
-
Dénonciation des violations démocratiques : Le PPA-CI accuse les autorités de multiples entorses démocratiques – répression des opposants, restrictions des libertés constitutionnelles, et partialité des institutions comme le Conseil constitutionnel.
-
Mobilisation et stratégie d’opposition : Le parti annonce préparer une réponse mobilisatrice, indiquant qu’il refuse d’accepter cette décision et envisage probablement des actions de protestation.
-
Contexte du « 4ème mandat » : La référence au quatrième mandat d’Alassane Ouattara renvoie aux controverses constitutionnelles de 2020, où sa candidature avait été considérée par l’opposition comme contraire à la limitation des mandats présidentiels.
Cette situation s’inscrit dans une trajectoire de tensions politiques persistantes en Côte d’Ivoire depuis la crise post-électorale de 2010-2011, avec des contentieux récurrents autour des processus électoraux et des questions d’éligibilité des figures politiques historiques.
