Back to top

Le sculpteur sénégalais Ousmane Sow est mort

Jeudi, 1 décembre, 2016
© Sercom APRnews Photo Le sculpteur sénégalais Ousmane Sow est mort

Figure de l’art contemporain, le célèbre sculpteur sénégalais Ousmane Sow est mort tôt jeudi 1er décembre à Dakar, à l’âge de 81 ans, a annoncé sa famille. « Il emporte avec lui rêves et projets que son organisme trop fatigué n’a pas voulu suivre », a déclaré sa famille, précisant qu’il avait fait ces derniers mois plusieurs séjours à l’hôpital à Paris et à Dakar.

Ousmane Sow était connu pour ses sculptures monumentales de guerriers qui ont fait le tour du monde. Le grand public français l’a découvert en 1999 lors d’une rétrospective sur le Pont des Arts à Paris. Ses guerriers Masaï du Kenya, lutteurs de l’ethnie Nouba du Soudan du Sud, Indiens d’Amérique, colosses figés dans le mouvement, attirent alors plus de trois millions de personnes. « Jamais un gamin ne m’a demandé ce que mes sculptures voulaient dire. Je sculpte des hommes. 

J’ai tellement peur qu’on ne me comprenne pas, ou qu’on interprète mal ce que je dis, que je parle très directement. C’est la même chose en art », disait Ousmane Sow, du haut de son 1,93 m.

Première exposition en 1987

Né le 10 octobre 1935 à Dakar, Ousmane Sow n’est devenu artiste qu’à 50 ans après avoir exercé comme kinésithérapeute en banlieue parisienne et au Sénégal. A l’école, ce fils de comptable se plaisait à tailler de petites figurines dans des blocs de calcaire. Sa connaissance des muscles et de l’anatomie lui servira pour ses créations. « Je peux me bander les yeux et faire un corps humain de la tête aux pieds », confiait-il.

Après l’indépendance du Sénégal en 1960, Ousmane Sow revient s’installer dans son pays, avant de monter un cabinet à Montreuil, en banlieue parisienne. Il sculpte toujours pour son plaisir mais jusqu’à l’âge de 50 ans, détruit ses œuvres, par manque de place notamment. 

Un jour, un ami attire l’attention du Centre culturel français de Dakar sur ces sculptures, qui lui consacre une exposition en 1987. Ce sera un succès, et le début d’une carrière fulgurante.
 

La série des Nouba, inspirée par les photos de Leni Riefenstahl, est présentée à la Documenta de Kassel en 1992, marquant l’entrée d’Ousmane Sow dans la cour des grands artistes contemporains. Trois ans plus tard, il expose au Palazzo Grassi, à l’occasion du centenaire de la Biennale de Venise. Il explore ensuite les peuples africains avec Les Masaï, Les Zoulous, puis Les Peuls, avant de s’intéresser aux Indiens d’Amérique à travers la mythique bataille de Little Big Horn.

« Une très grosse perte »

Ses sculptures monumentales aux tons bruns-ocres, cet homme massif les crée à partir d’une mixture secrète, macérée pendant plusieurs années et appliquée sur des ossatures de fer, de paille et de jute. Sans modèle. Ousmane Sow a également exploré la sculpture de grandes figures ayant marqué sa vie – Victor Hugo, de Gaulle, Mandela – et rêvait d’un « Musée des grands hommes ».

« C’est une très grosse perte pour la sculpture sénégalaise et africaine. Ousmane Sow a été un véritable ambassadeur de la culture » sénégalaise, a déclaré le ministre sénégalais de la culture Mbagnick Ndiaye. « Les œuvres d’art qu’il a exposées à travers le monde montrent qu’il était un géant de la culture. » Ousmane Sow a été le premier Africain à rejoindre en 2013 l’Académie des Beaux-arts en tant que membre associé étranger.

Avec Le Monde

Articles récents - Culture